Traitements en essai clinique

Les traitements actuels du mésothéliome pleural malin visent à prolonger l’espérance de vie des patients, tout en optimisant leur qualité de vie.

Néanmoins, des progrès conséquents restent à accomplir et peuvent être envisagés pour les années à venir, grâce à la recherche clinique. Ainsi, d’autres approches thérapeutiques sont en cours d’évaluation. Si la situation est adaptée, votre médecin peut vous proposer de participer à des essais cliniques afin d’accéder à des traitements innovants.

Vous êtes tout à fait libre de participer ou non à un essai clinique : c’est votre choix qui prime, après explication du médecin. Des informations orales et écrites vous seront données, et un temps de réflexion vous sera bien sûr proposé.

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Prenez le temps de réfléchir et de poser toutes les questions que vous souhaitez avant de donner votre consentement écrit.

Dans tous les cas, votre consentement peut être retiré à tout moment si vous changez d’avis sans avoir à vous justifier et sans altération de la qualité de la prise en charge par vos médecins. Dans le cadre du mésothéliome, il peut être proposé des traitements en essai par voie systémique (injection en intraveineux) ou locale (directement dans la cavité pleurale).

Quelques exemples de traitements systémiques en essai dans le mésothéliome pleural malin :

Immunothérapie anti-tumorale par voie générale (perfusion intraveineuse) :

L’un des mécanismes responsables du développement d’un cancer est la diminution des défenses naturelles (système immunitaire) dont nous disposons normalement, contre le cancer comme contre les infections.

Le cancer crée dans le corps une certaine tolérance immunitaire, à son avantage. Plusieurs stratégies pour restaurer le système immunitaire sont donc testées.

Parmi ces traitements appelées immunothérapies, on peut citer les anticorps (anti-PD-1/PD-L1, anti-CTLA-4…) qui vont « lever les freins » du système immunitaire qu’avait mis en place le cancer. Ceux-ci sont déjà validés et commercialisés dans d’autres cancers (notamment le cancer du poumon) et sont donc en cours d’essai chez les malades avec un mésothéliome pleural. Mais bien d’autres immunothérapies sont envisagées : « vaccin » anti-tumoral…

Thérapies cellulaires :

Il s’agit de nouveaux traitements par lesquels on utilise les propres cellules du malade (globules blancs…) que l’on va prélever par une prise de sang, activer en laboratoire et lui réinjecter afin de lutter contre son mésothéliome.

Thérapies ciblées :

Les thérapies ciblées sont un anticorps ou un autre type de médicament ciblant spécifiquement une protéine dans un mécanisme impliqué dans le cancer. Dans le cas d’anti-angiogéniques, ces médicaments s’attaquent aux nouveaux vaisseaux sanguins créés par le cancer pour se nourrir, mais ils peuvent aussi favoriser la réaction immunitaire anti-tumorale. Par exemple, le Bévacizumab est un anticorps ciblant un facteur de croissance vasculaire (le VEGF, protéine impliquée dans la formation de nouveaux vaisseaux au sein de la tumeur).

Il s’agit d’un traitement à associer à une chimiothérapie standard de première ligne (cisplatine et pemetrexed) car il a été démontré que cette association améliore l’espérance de vie des malades avec un mésothéliome comparé à la chimiothérapie seule.

D’autres molécules sont actuellement à l’étude et pourraient vous être proposés dans le cadre d’essais, associées ou non à la chimiothérapie.

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Quelques exemples de traitements locaux en essai dans le mésothéliome pleural malin :

  • Immunothérapie anti-tumorale par voie locale : au lieu d’injecter par voie intraveineuse, le traitement est injecté directement dans la plèvre pour essayer d’augmenter son efficacité et de diminuer les toxicités potentielles.
  • Chimiothérapie intra-pleurale : dans le cadre d’une chirurgie du mésothéliome, il peut vous être proposé l’injection pendant la chirurgie de chimiothérapie directement dans la plèvre pour augmenter la concentration locale du produit tout en espérant de réduire les effets indésirables généraux.
  • Thérapie génique : on injecte dans la cavité pleurale par un cathéter un virus inoffensif qui va transporter dans les cellules tumorales un gène alors exprimé en protéines par le cancer qui va se tuer lui-même directement ou par activation des défenses naturelles (système immunitaire).
  • Thérapie photodynamique (PDT) intra-pleurale : on injecte en intraveineux avant la chirurgie un produit photosensibilisant qui va être absorbé par toutes les cellules du corps du malade mais notamment les cellules cancéreuses. À la fin d’une chirurgie, après avoir idéalement enlevé toute la tumeur visible possible (par pleurectomie /décortication par exemple), il reste malheureusement encore des cellules cancéreuses au moins microscopiquement. Pour essayer de les éliminer, on va illuminer la cavité pleurale de l’intérieur avec une source laser lumineuse rouge (photo ci-dessous). La lumière va faire réagir le produit dans les cellules cancéreuses restantes (sur 2 à 3 mm maximum) qui vont être détruites et activer ainsi en plus le système immunitaire contre le cancer.